« Une Vie de Jouet » : disponible en boutique, et processus créatif

Nous y voilà. La campagne « Une Vie de Jouet » et le « Bestiaire des Cauchemars » -qui est  désormais un peu mon bébé à moi aussi^^-, tous deux pour le JDR Tiny, sont désormais disponibles en boutiques. De quoi vous donner envie d’incarner un personnage de jouet ou d’animal éveillé, et protéger les rêves de vos jeunes propriétaires ! Aussi est’il donc grand temps pour moi de vous parler un peu de ces deux livres.

Oui, bon, d’accord, aussi d’en faire un peu la pub, mais je désire surtout vous détailler le processus créatif que j’ai appliqué pour mon travail sur ces deux ouvrages. Non seulement parce que c’est personnellement quelque chose que j’apprécie quand les auteurs l’évoquent, mais aussi parce que, qui sait,  peut-être qu’un(e) lecteur(trice) de ce blog pourrait s’en inspirer pour ses propres projets.

La campagne « Une Vie de Jouet »

Il s’agit de l’un des premiers gros projets que j’ai mené à terme. Composé de 7 aventures et de toutes les données utiles pour les faire jouer, cet ouvrage comporte un peu plus de 220 pages. Un gros pavé donc, comme vous pouvez le constater :

Oui, bien qu’étant en couverture souple, il est aussi volumineux que le livre de base.

Cette campagne mettra vos joueurs dans la peau de jouets amnésiques, se réveillant perdu au milieu de nulle part, alors qu’ils sont très endommagés. Si de nombreuses questions se bousculent alors dans leur esprit, il va leur falloir parer au plus pressé et trouver un moyen de survivre, c’est-à-dire se réparer et trouver un enfant auquel se lier, ce qui sera la source de nombreuses mésaventures, ainsi que le début d’une grande amitié entre les jouets et leur nouvel protégé. Mais comme ils s’en doutent surement, les PJ ont vécu un passé houleux, même s’ils ne s’en souviennent pas. Un passé  bien déterminé à les rattraper…

Voilà pour ce qui est du pitch, et quand à ce quoi les lecteurs doivent s’attendre… Hé bien, pour commencer à une campagne efficace regorgeant d’idées, selon moi, mais on m’objectera –avec raison- qu’il me sera difficile d’être objectif. Mais je peux tout de même vous parler de la façon dont je l’ai conçu. Ce sujet-là risque d’être intéressant si comme moi vous aimez découvrir comment fonctionnent les auteurs. Alors, comme le dirait un certain Docteur, Allons-y, Allonso !

-Tout d’abord, comme je l’explique au début du livre, l’idée de campagne est née à la lecture d’une simple phrase présente dans le livre de base. Il existe en effet un moyen insolite pour vaincre un akyméride –ces monstres désincarnés qui sont les ennemis jurés des jouets éveillés- qui infeste un rêve. Un moyen risqué, car susceptible d’engendrer des cauchemars chez l’enfant, mais qui a le mérite d’exister. Bon, je ne voyais pas mes joueurs utiliser cette possibilité toutefois, mais…  Et si leurs PJ l’avait fait, eux, avant que les joueurs n’en prennent le contrôle ? Comme il s’agit du genre de méthode pouvant générer des conséquences à long terme, j’ai trouvé qu’il serait intéressant que mes joueurs aient à les gérer par la suite. Mais ce n’est pas le genre d’artifice qu’on peut sortir tout droit de son chapeau. Non, il faut préparer le terrain. D’où l’idée –classique- de l’amnésie, et d’autres petites choses  tout au fil de la campagne qui prépare à la révélation finale…

-Une fois cette idée en poche, je me suis demandé vers quel final je voulais guider mes joueurs : j’ai donc imaginé la scène finale la plus grandiose qui pourrait conclure une histoire partant d’un tel postulat. Bien entendu, il s’agit de jeu de rôle, et je savais déjà que ce final ne serait qu’une possibilité parmi d’autres. Toutefois, grâce à cela, j’avais un point de départ, et un possible point final. Il ne me restait plus qu’à imaginer tout ce qui se passerait entre ces deux scènes.

-J’ai alors rassemblé toutes les sujets que j’avais envie de traiter avec Tiny, et j’ai dû faire une sélection. Certaines idées d’aventures ne convenaient tout simplement pas au cheminement que les PJ allaient poursuivre, et j’ai donc dû les mettre de côtés à regret, même si aujourd’hui encore je suis certain que j’en tirerai de grandes histoires.

-Mes sujets sélectionnés, il ne me restait plus qu’à les classer de manière –purement personnel- à ce que les émotions des joueurs aillent crescendo, jusqu’à un final explosif. De là, je me suis forcé à écrire un résumé de ces futures aventures, même si par moment les idées me semblaient bancale. Il me fallait en effet un plan précis, même si je savais pertinemment qu’il y’aurait des changements à effectuer en cours de route.

-S’en est suivi la phase de la rédaction et du développement, qui a été étonnement fluide : les sujets étaient particulièrement clairs dans mon esprit, et les idées pour les exploiter au mieux affluaient sans difficulté. Au fur et à mesure de l’écriture, cela m’à permit d’identifier les passages plus faibles que les autres dans le plan que j’avais écrit au préalable, me permettant de perfectionner ces scénarios et de les rendre bien plus palpitant.

Et de fils en aiguilles, l’écriture s’est achevée, et à la relecture, j’ai été très satisfait de ce que j’avais écrit. Tellement que contrairement à ce que je prévoyais –à savoir publier la campagne sur le blog-, je décidais de la proposer à JDR Editions. La suite des événements m’aura prouvé que cette décision fut la donne. Et pas seulement car la campagne vient d’être publiée.

En effet, comme vous vous en doutez, il y’à eu une réécriture du manuscrit en collaboration avec l’éditeur. Et s’il y a eu des choix douloureux à faire –je pense notamment à la suppression d’une partie qui me plaisait beaucoup-, avec le recul je sais que la campagne n’en est devenue que meilleure.

J’y ai donc appris beaucoup, notamment à considérer mes textes non pas avec mon regard d’auteur, mais avec celui du lecteur et de l’éditeur. Car si la partie à laquelle je faisais référence plus haut était importante pour moi, elle ne présentait au final que peu d’intérêt pour le lecteur, ainsi que pour le MJ voulant faire jouer la campagne. Et c’est quelque chose que je n’aurais sans doute pas compris sans le regard de l’éditeur. Il s’agit d’une leçon que je tâcherai d’appliquer à l’avenir.

Et là… Je me rends compte que j’ai déjà beaucoup parlé de la campagne^^. Peut-être est’il temps d’évoquer le second ouvrage.

« Le Bestiaire des cauchemars »

Il s’agit principalement d’un supplément de Frédéric Meurin, auquel Frédéric Dorne et moi-même avons participé. Pour ma part je me suis chargé du chapitre consacré aux limbes, cet étrange lieu d’où sont sensé provenir les akymérides… Le gros du livre traite toutefois des différents types d’akymérides et est une grande source d’inspiration. Deux courts scénarios clôturent l’ouvrage.

Si ici il n’est pas question de vous dévoiler les informations croustillantes contenues dans ce livre, je vais toutefois vous conter la façon dont le chapitre des Limbes a vu le jour. Cette histoire restera plus courte que celle de la campagne, car malheureusement je ne peux pas trop en dire sans trop en dévoiler sur le contenu de l’ouvrage.

-Notre histoire commence donc alors que la date du financement participatif du bestiaire et de la campagne s’apprête à tomber. Je décide de contacter JDR Editions pour leur proposer quelques idées de stretch goal. Je sais qu’ils ont sans aucun doute déjà tout prévu, mais je ne me voyais pas rester passif sur ce coup. Et qui sait, peut-être qu’un jour ces idées donneront quelque chose de concret…

-Après quelques discussions, l’idée d’un chapitre traitant des limbes vient sur le tapis. Pour tout dire, j’avais déjà quelques idées, mais je pensais que tout avait déjà été fixé en amont. Toutefois, les échanges me font comprendre que rien n’est totalement fixé à ce sujet. Aussi, je n’hésite pas à mettre mes idées sur la table. Et au final, c’est elle qui est retenue. Vous en dire plus sur les limbes vous spoilerait cette partie du bestiaire, mais je peux néanmoins vous parler des difficultés qui se sont présentées à moi durant la rédaction de ce chapitre.

-La première était d’ordre pratique : le chapitre ne devait pas dépasser un nombre précis de caractères, aussi je ne pouvais pas traiter toutes les idées que j’avais en tête. J’ai donc préféré miser sur le développement de quelques idées, plutôt que d’en survoler un plus grand nombre. Le choix des idées qui se retrouverait dans le chapitre s’est une nouvelle fois révélé dur, mais je pense que ma sélection, si elle a laissé sur le côté quelques très bonnes idées, à permit d’avoir un tous des plus cohérents.

-La seconde difficulté était d’arriver à faire des limbes un endroit propre à Tiny. Certes, l’idée de base en elle-même est selon moi déjà plutôt fraiche, mais même ainsi il est facile de tomber dans les stéréotypes habituels, et je pense avoir évité ce piège, mais à ce niveau l’aide de l’éditeur a été appréciable, ses conseils de relectures m’ayant ouvert les yeux sur des points que j’avais négligés.

-Il en résulte au final un chapitre dont je suis très content des idées développées, même si avec le recul je me rends compte de certaines erreurs sur la forme. Clairement, il s’y trouve quelques phrases qui ne sont pas exempt de lourdeur stylistisques que j’aurais pu éviter. Mais c’est le genre de choses dont je ne me rends parfois compte que trop tard, comme ici. Certes, cela ne concerne que quelques phrases, mais j’y ferai donc plus attention à l’avenir. Savoir reconnaître ses erreurs pour progresser, c’est important.

Mais au final, je reste persuadé que les limbes vont à terme offrir un tout nouveau de jeu terrain de jeu excitant pour les joueurs. Pour l’heure, il n’y a que quelques « aventures minutes » qui y font référence, mais à l’avenir qui sait ? et d’ici là, nul doute que l’imagination des MJ y aura fait vivre bien des mésaventures aux groupes de jouets éveillés…

Voilà qui clôture ma présentation de ce deux livres, et de la façon dont je m’y suis pris pour écrire mes parties. J’espère que vous trouverez ça intéressant, et que cela vous inspirera. Si c’est le cas, n’hésitez pas à me le signaler, et il est possible que je réitère l’expérience… Au moins en ce qui concerne les scénarios publiés sur le ce blog.

Et bien entendu, si vous désirez découvrir l’univers de Tiny ou commander ces ouvrages, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de JDR Editions.

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