Cadre de campagne pour Doudous&Dentiers (1) : La Croisière S’Enlise

De nouveau, je déroge à mon planning pour vous proposer sur ce blog autre chose que ce qui était prévu. Et cette fois, c’est du lourd : un cadre de campagne entier pour le JDR Doudous & Dentiers de Sylvain Ledig, publié par JDR Editions ! Qui sera publié petit bout par petit bout, dans cet article et les 11 qui suivront.

Pourquoi pas tout en un seul coup ? Disons que cela fait un  peu de lecture (plus de 63 000 mots…) et que je vais essayer de proposer un objet qui sera bien maquetté pour une fois. Sans compter qu’une amie illustratrice s’est proposées de travailler sur plusieurs illustrations qui se retrouveront dans le PDF final, qui sera publié une fois que tout le cadre aura été publié morceau par morceau sur ce blog. D’ailleurs, si ce cadre de campagne inspire les artistes parmi vous, qu’ils n’hésitent pas à me proposer leurs « fans arts », qu’avec leur autorisation, j’intégrerai au PDF final au fil des mises à jour…

Nous allons commencer dés aujourd’hui la publications de ce gros projet qui, je l’espère, vous plaira tout autant que je me suis amusé à l’écrire. Suivra à la suite de cet article une courte nouvelle introductive, ainsi que la présentation de l’ouvrage et du cadre « hors norme » du Paquebot, principal lieu des aventures de « La Croisière S’Enlise »…

 

Le moins cher ? Le mieux ! :

Par Jean « Troll Traya » Faiderbe

Imaginez la scène : un mari, bon père de famille, la petite quarantaine, rentre chez lui. Sa cravate est dénouée, et il  avance avec difficulté vers le canapé qui se trouve non loin de la porte d’entrée. Il laisse tomber brutalement un attaché-case bon-marché sur le carrelage, et s’effondre sur les coussins. Son épouse, jolie, un peu insouciante, vêtue d’une robe démodée surgirait alors de la cuisine, un torchon en main. Un décor kitch, une situation éculée et un point de vue digne des années 50… Rien qu’avec cette description, Vous êtes en train de vous dire que vous êtes en train de regarder une publicité ringarde et sans budget. Vous savez quoi ? Vous n’auriez pas tort.

« Oh là là, chéri ! Tu es dans un tel état ! » Glapit l’épouse parfaite en plaquant ses mains contre ses joues. « Ça ne peut plus continuer ! Tu as besoin de vacances. »

« Mais toi et les enfants, vous ne voulez plus aller au bungalow de mes parents, sur la côte… » Lâche le mari, fataliste. « Et nous n’avons pas les moyens d’aller autre part… »

« Taratata !  Sache mon époux que j’ai appris trois mots magiques pour changer tout ça. » Elle écarte les bras, et affiche un écœurant sourire d’une blancheur surnaturelle. « Just Price Cruises. »

« Just Price Cruises ? » Répète le mari, qui se redresse un peu pour ne plus avoir l’air avachi sur le canapé.

« Oui mon lapin, Just Price Cruise ! Imagine-nous en pleine mer, toi, moi et les enfants, sur un magnifique paquebot flambant neuf, fendant les flots en direction d’îles aussi exotiques que sauvages, que nous visiterions une à une, pendant deux semaines de pur bonheur. » Commence l’épouse, tout à coup transformée en agente de voyage. Ou en tenant le discours, tout du moins.

« Ooooh ». Laisse échapper le mari, un sourire béat, voir un poil concupiscent, sur le visage.

« Imagine aussi un personnel trié sur le volet dédié à notre unique satisfaction, prêt à répondre à nos moindres attentes ! Imagine également un navire disposant de toute la technologie et de tout le luxe moderne, sans compter des loisirs innombrables comme un  cinéma plein air proposant les films les plus récents, une salle de théâtre animé par les acteurs les plus talentueux, des restaurants italiens et japonais, et même un parc d’attraction pour les enfants ! Voilà ce que nous offre chacune des croisières de Just Price Cruises ! »

« Ooooh » Soupire de nouveau l’époux éreinté, avant de secouer la tête violement et d’envoyer en l’air un mince filet de bave. « Mais ma colombe, tout ça doit être terriblement cher ! »

« Mais pas du tout mon nounours ! » Balaye d’un revers de main l’épouse au sourire bien trop forcé. « Ces croisières sont à la portée de toutes les bourses ! » Son regard se dirige vers la caméra, et donne des frissons au téléspectateur. « Même des plus modestes. »

« Oh… Et bien… On pourrait peut-être en faire une… » Concède l’époux en se grattant le menton, apparemment encore indécis.

« Oh oui, Papa ! Une croisière Just Price Cruises ! » S’exclame en simultané un petit garçon et une petite fille qui surgissent comme des diables à ressorts de derrière le canapé, pour se jeter sans faire attention sur les genoux de leur père, qui a visiblement grand mal à ne pas hurler de douleur.

« Oh, les enfants ! » Fait l’époux en affichant un sourire crispé. Ou plutôt constipé. « Vous nous avez entendu ! Ah ah, maintenant je ne peux plus reculer ! En route pour une croisière Just Price Cruises ! »

« Chic ! Chic ! » S’enthousiasment mollement le frère et la sœur, qui ne se ressemblent pas du tout.

« Ah j’ai le meilleur mari qui soit ! » Déclare la mère de famille, dans une vaine tentative de paraître émouvante.

« Et vous savez quoi les enfants, je vais même faire mieux : on va inviter grand-mère et grand-père à venir avec nous ! » Renchérit le père, sur un ton se voulant ravi.

Si les enfants lèvent les bras, la caméra zoome alors sur le visage de la mère qui se tourne vers l’objectif : ses traits affichent une irradiante colère, seule émotion vaguement sincère depuis le début du spot publicitaire.

« Hé bien merci, Just Price Cruises ! » Crache t’elle furieuse, avant que s’affiche le logo de la société, associé à un numéro de téléphone surtaxé.

Après ce visionnage digne d’entrer dans les annales, vous seriez en droit de vous demander à quoi vous avez assisté ? Ce serait un sketch parodique qui ne serait au final pas bien drôle ? Une arnaque peu inspirée ? Ou encore des plaisantins qui auraient fait réaliser un nouveau doublage pour une véritable publicité datant du début des Trente Glorieuses ? Au final, vous secoueriez la tête, vous disant qu’on voit vraiment n’importe quoi à la télévision de nos jours, puis vous n’y penseriez plus…

Jusqu’au lendemain en tout cas, ou un collègue serait tout fier de vous apprendre que pour ses congés, il va partir en croisière, voguer sous les tropiques. Et pourtant, vous savez qu’il est loin d’en avoir les moyens ! Son salaire est le même que le vôtre, n’est-ce pas ? Vous, en tout cas, vous ne pouvez pas vous payez le luxe d’un tel voyage…

Curieux, vous essayez d’en savoir plus, et là il vous apprend le nom de la société à laquelle il a fait appel : Just Price Cruises. Vous vous prenez à afficher un petit sourire moqueur en repensant à la publicité calamiteuse visionnée hier soir. Certes, vous n’avez eu une grande estime pour l’intelligence de votre collègue, mais qu’il soit tombé dans le panneau, ça dépasse l’entendement !

Vous continuez à écouter les vantardises de votre collaborateur avec amusement, puis vous tentez de lui faire prendre conscience de sa terrible erreur, mais il n’en démord pas : pour lui, il vient de réaliser l’affaire du siècle, des vacances de rêve à petit prix ! Il s’agit d’une cause perdu, aussi vous préférez le laisser s’extasier niaisement, et vous retournez à vos occupations.

Cela aurait peut en rester là… Mais voilà qu’au détour d’une conversation téléphonique avec un de vos cousins, vous apprenez que lui aussi a réservé une croisière via cette nouvelle compagnie très à la mode. Vous en êtes abasourdi : le monde est’il devenu fou en une nuit ? Vous essayez de le dissuader de faire l’erreur de perdre ses précieuses économies dans une escroquerie : même si un bateau il y’à bien, ce doit être une vieille épave menaçant de se faire engloutir par les flots à chaque instant ! Cette fois, votre cousin vous rit au nez : selon lui, vous êtes juste jaloux.

Piqué au vif par cette conversation, après avoir raccroché vous voilà parti à effectuer des recherches poussées sur Internet à propos de cette douteuse compagnie de croisières. Vous passez des heures à tout éplucher : site officiel, articles de journaux, témoignages de clients, et même vidéos de vacances postées par d’anciens passagers… Et vous êtes obligés de vous rendre à l’évidence : cette compagnie qui casse les prix, proposants des tarifs deux à trois fois moins cher que la concurrence, existe bel et bien, et propose un service qui satisfait la quasi-totalité de ses usagers ! Vous poussez même le vice jusqu’à appeler le service client de la société…

C’est là que sans savoir exactement comment, vous avez pris votre réservation. Pour vous et toute votre famille. Il faut dire que les prix étaient si attrayants, et la téléconseillère qui vous a pris en charge tellement charmante… Vous n’êtes pas du genre à vous laisser embobiner d’habitude, mais là… Vous n’y avez vu que du feu. Vous vous dites que vous devriez sans doute faire machine arrière, mais pourtant vous ne le faites pas. Vous avez dépensé si peu pour obtenir ces places… Vous vous en voudriez pour toute la vie si vous annuliez, maintenant que vous êtes quasi-certain que ce compagnie propose de véritables croisières.

Et vous regardez alors une photo du bateau sur votre tablette, le Serenade of the Banished Seas, un paquebot qui n’a rien à envier aux bâtiments des firmes plus prestigieuses. Devant une telle débauche de luxe, vous ne pouvez pas vous empêcher de sourire : ces vacances prises sur un coup de tête vont être formidable. Votre conjoint, vos enfants et vos parents vont être ravis : cette offre spéciale « Intergénérationnelle » qui vous a été proposée était non seulement à un tarif honteusement bas, mais visiter les caraïbes avait toujours été hors de votre portée auparavant. C’est comme si l’un de vos vœux les plus chers venait de devenir réalité…

Mais vous en oubliez une maxime fort sage : Prenez garde à ce que vous souhaitez, vous pourriez très bien l’obtenir…

 

Introduction :

On vous l’avait bien dit dans Doudous&Dentiers : les Ténèbres sont nourries par des centaines de plantations disséminées sur la surface du globe. Si toutes partagent le même objectif, à savoir récolter les émotions extrêmes de l’humanité dont est si friande l’Obscurité, leurs apparences et les moyens entrepris pour arriver à cette fin sont souvent différents.

Quoi ? Vous pensiez retrouver des répliques de l’Institut à côté de chaque grande ville ? Ah, nul doute que John Wolff l’aurait bien aimé : il considère sa création parfaite dans le moindre de ses petits détails. Il a tout calculé pour obtenir le meilleur rendement possible de ses pensionnaires, et son perfectionnisme le pousse à sans cesse améliorer sa formule. Et nul ne peut nier que le résultat est là : l’Institut est l’une des seules plantations capable de nourrir une porte sur l’Abime au-delà de ce dont elle a besoin pour proliférer. Assurément, le modèle de Wolff possède tout pour devenir une référence…

Pourtant, nombreux sont les Séculaires et les Thaumaturges à avoir adopté une gestion différente pour leur plantation. Il faut dire que peu d’entre eux se sentent l’âme du mouton suivant le chien de berger, aussi suivre une méthode enseignée par quelqu’un d’autre leur est insupportable. Bien entendu, chacun d’eux est profondément motivé par une raison plus ou moins valide, dont les suivantes sont les plus courantes :

-Il y’à ceux qui sont persuadés de pouvoir améliorer la façon de faire de Wolff. Ils valent mieux que ce résidu de vieille peur primitive, pensent’ils, alors il est de leur devoir de rendre obsolète son fichu Institut.

-D’autres trouvent que l’Institut ne correspond pas à la façon dont ils aiment inspirer la peur, et que jouer un rôle qui n’est pas fait pour eux est aussi dégradant qu’aliénant. La méthode de Wolff est peut-être plus efficace, mais du moment que les Ténèbres sont rassasiées de façon satisfaisante, ils préfèrent gérer leur plantation à leur manière.

-Il ne faut pas oublier non plus ceux qui détestent tellement John Wolff qu’ils préféraient être anéantis sur le champ plutôt que de devoir suivre son exemple. Ils ont déjà fait assez de concessions en adoptant le modèle de la plantation, alors la gérer comme lui le fait serait le coup de grâce.

Si quelques-unes de ces plantations sont de belles réussites, d’autres n’obtiennent que des résultats médiocres. Ces dernières s’exposent à un changement radical de direction si l’Obscurité se retrouve insatisfaite : même les Ombres Séculaires ne sont pas à l’abri de l’expression –souvent mortelle- de la déception des Ténèbres. Aussi, le gestionnaire d’une plantation en perte de rendement est prêt  à tout pour conserver la faveur des Ténèbres, et son cheptel est alors mis à rude épreuve.

Ce genre de situation et déplorable selon Wolff, qui regrette que l’ego de ses consœurs et confrères Séculaires et Thaumaturges entrave ainsi la progression des Ténèbres. Sans doute oublie t’il un peu qu’il est facile de dire ça quand on se trouve être le serviteur favori de l’Obscurité. Une distinction que les autres n’oublient pas… Et que certains ne pardonnent pas.

Il était un petit navire…

Nous en arrivons à la raison de l’existence de cet ouvrage : vous allez découvrir une autre plantation, très différente de celle de l’Institut, ainsi que tout ce vous aurez besoin pour y faire vivre de palpitantes aventures à vos Gamins et vos Anciens. Il s’agit d’une plantation plutôt récente, né de la volonté nébuleuse d’une Ombre Séculaire en disgrâce, se trouvant désireuse de retrouver les faveurs des Ténèbres en moissonnant une récolte telle qu’il n’en encore été jamais vue. Enfin, du moins c’est ce que prétend ce Séculaire, aux intentions peut-être plus complexes qu’il n’y parait…

Cette plantation se distingue de l’Institut en cela… Qu’elle n’a rien en commun avec lui. Si, si, rien du tout, je vous jure ! Vous ne me croyez pas ? Alors essayez donc de trouver un point commun entre une vieille clinique médicale sinistre et un flambant neuf paquebot de croisière disposant de tout le confort et du luxe possible ! Alors, vous n’en trouvez pas, hein ? Bon, d’accord, il peut y en avoir quelques-uns, mais sur biens des points, l’Institut et le Paquebot sont complétement opposés :

-Là ou l’Institut apparaît immédiatement lugubre, le Paquebot semble enchanteur, annonciateur de promesses de voyages aussi paisibles qu’inoubliables. Bon, il parait un peu mal entretenu ici ou là, mais rien qui ne soit rédhibitoire, surtout pour une croisière low-cost. Mais derrière cet façade rassurante, le mal prospère et sème de terribles malheurs que les humains aveugles à la présence de l’Obscurité ne peuvent qu’attribuer à la fatalité, ou au manque de chance, qui viennent gâcher un peu une fête perpétuelle. Et la Croisière se trouvant être un lieu où se détendre ou s’amuser, on peut s’attirer l’hostilité de tous en sabotant l’ambiance. Pour y survivre, il faut donc cacher ses larmes derrière son plus beau sourire.

-A l’Institut, les Gamins comme les Anciens –appelés Vacanciers dans ce cadre de campagne- sont livrés à eux-mêmes, seuls… Sur le Paquebot, adultes et adolescents seront présents, mais ce n’est pas pour ça qu’ils seront d’une quelconque aide. Car pendant la croisière, des activités pour tous et toutes sont organisés… Pour des tranches d’âge bien précises. Durant la journée et une partie de la soirée, les familles sont séparées, et ceux qui sont aveugles aux Ténèbres passent un moment enchanteur. Comment pourraient’il croire les Gamins et les Anciens qui leur parlent de monstres et de choses tapies dans les ombres des coursives ? L’isolation est bien pire qu’à l’Institut : les adultes sont là mais ne perçoivent pas le danger, et s’en prennent même aux Gamins et aux Anciens trop insistants, en les accusant de « gâcher leurs vacances » !

-Le personnel de l’Institut est terrifiant, mais il s’agit d’un ennemi que l’on peut fuir, peut-être même abattre. Mais en pleine mer ? Les Vacanciers sont complétement dépendant de l’équipage du Paquebot : sans lui, ils pourraient errer en plein océan jusqu’à mourir d’inanition, ou du naufrage du bateau. Et pas la peine de compter sur une aide extérieure, la radio du vaisseau ne marche pas. Gamins comme Anciens se retrouvent dépendants des prédateurs qui n’attendent qu’une seule et unique chose : fondre sur eux…

-Le Paquebot, contrairement à l’Institut, est en mouvement, au beau milieu des mers. Il n’y’a nulle part ou fuir les Ombres et les êtres corrompus. Et quand le bateau accoste, c’est bien souvent aux ports d’îles encore plus inquiétantes et dangereuses que ce que les Gamins et les Anciens craignent qu’il se trouve sur le navire. Il n’y’à nulle part ou fuir. La seule façon de s’en sortir est de se cacher en espérant de tout son cœur ne pas être débusqué… Ou en osant se confronter au mal face à face.

-Le Paquebot n’a pas de Village ou les Vacanciers peuvent espérer trouver un peu de répit, ou une aide extérieure. Non, la croisière les emmène sans ménagement d’une île à une autre, tout est nouveau, étrange, inquiétant. Ils pourront peut-être y trouver des alliés de circonstances, mais une fois que le navire aura levé l’ancre, cette aide sera perdue à jamais, renforçant le sentiment d’isolation. En plein océan, on vous entendra sans doute crier, mais qui pourra y faire quelque chose ?

Mais alors… La thématique du jeu et son ambiance deviennent complétement différentes !

Pas tant que ça. Doudous&Dentiers reste le même dans ce cadre de campagne, même si la saveur devient quelque peu différente. L’horreur est toujours là, même si habilement dissimulée derrière la beauté des paysages et le luxe apparent des cabines des passagers… Adultes et adolescents sont désormais présents, mais restent hermétiques à ce qui se trame dans l’ombre. Seuls vos Gamins et vos Anciens ont une chance de s’en rendre compte, et il s’écoulera peu de temps avant que quelqu’un les déclare impressionnables, fous ou mauvais plaisantins s’ils tentent de montrer ce qui se trouve derrière le voile. D’autant plus que les activités proposées aux passagers, toutes plus passionnantes les unes que les autres, auront tôt fait de détourner le regard des adultes, quand bien même il se trouverait face à eux tous les démons de l’enfer.

En outre, cet aveuglement excessif des adultes peut renforcer selon vos choix le côté comique ou le côté horrifique du jeu, voire les deux en même temps. Comique, car les adultes passent alors pour de gros benêts, obsédés par des choses futiles alors que le plus important, la lutte du Bien contre le Mal, se passe sous leurs yeux sans qu’ils n’y comprennent quoi que ce soit. Horrifique aussi, car les adultes aveugles deviennent alors des moutons inconscients de la présence de loups dans leurs troupeaux.  Gamins comme Anciens pourraient bien avoir nombres de sueurs froides à tenter de les sauver d’une menace qu’ils ne pourront jamais pointer du doigt. En tout cas pas sans subir une terrible déconvenue, les Ombres étant devenues maîtres dans l’art de ne jamais paraître suspects aux yeux des adultes.

Et si l’ambiance lourde et suffocante de l’Institut vous manque, n’oubliez que le Paquebot dispose de différents ponts, certains interdisant la présence des passagers. Les quartiers de l’équipage, la salle des machines, les réserves… Tout autant d’endroits qui ne sont pas visible par le public, et qui affichent une image de noirceur et de désespoir, bien loin de l’apparent confort des cabines, des commerces et des salles de spectacles des ponts supérieurs du navire…

Vous pouvez donc être rassuré, nous jouons toujours à Doudous&Dentiers… Un Doudous&Dentiers plus nuancé, ou ce n’est plus seulement votre survie qui est mise dans la balance, mais celle de votre famille toute entière… Oh, allons, ne frissonnez pas comme ça… Plus d’enjeux, c’est bien ce que vous souhaitiez, non ? Non ?

Terreur sur les flots

Nous y voilà donc, nous allons pouvoir aborder le vif du sujet. Et pour vous mettre l’eau à la bouche, survolons un peu ce qui vous attend :

La première partie de ce livre sera consacrée à la découverte du Paquebot : En premier sera abordé  « ses » histoires, à savoir l’officielle publiée sur le site web de la compagnie Just Price Cruises, mais aussi celle qui relie le navire aux Ombres et à ses monstrueux propriétaires. Il faudra ensuite partir à la découverte du Paquebot en lui-même, et du moindre de ses recoins secrets. Et pour conclure en beauté cette première moitié d’ouvrage, on partira à la rencontre de son charmant –et mortel !- équipage, ainsi que des infortunés passagers qui se retrouveront embarqués dans la même galère que nos chers Vacanciers…

Une seconde partie présentera plusieurs aventures séparées en deux sections : la première fera découvrir des intrigues individuelles prenant place sur le Paquebot, que chaque MJ pourra inclure dans ses propres campagnes, et la seconde montrera une campagne prête à faire jouer en guise d’exemple. Celle dernière verra le Paquebot occuper une place centrale, mais tous les scénarios ne s’y dérouleront pas… Car les escales seront tout aussi riches en surprises qu’en dangers indicibles lors d’une croisière organisée par Just Price Cruises. Toutes ces aventures conduiront nos Vacanciers à découvrir l’identité du véritable maître du Paquebot, et quel est son sinistre objectif. Peut-être même parviendront ’ils à l’arrêter… Avec du talent et beaucoup de chance.

Et en bonus, vous trouverez une liste de Gamins et d’Anciens pré-tiré adaptés au cadre du Paquebot. Que vous les proposiez à vos joueurs ou que vous les utilisiez en tant que PNJ, le choix vous appartient !

Vous savez désormais ce qui vous attend. Vous n’avez plus qu’à nous suivre là, à cet embarcadère. Dites-moi, vous n’avez pas le mal de mer, au moins ? Bah, non, laissez tomber. Sur le Paquebot, c’est de maux bien plus pernicieux dont vous devriez vous inquiéter…

 

Doudous & Dentiers est un jeu de Sylvain Ledig, publié par JDR éditions.

Licence Creative Commons
La Croisière s’Enlise – introduction de Jean « Troll Traya » Faiderbe est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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