Réécriture : Le Rejeton d’Azathoth (AdC) – Première partie

Il y’à deux types d’histoires que nous avons généralement envie de réécrire : celles que nous adorons, pour en donner une version personnalisée, et celles que nous détestons, mais qui ont su suffisamment éveiller notre intérêt pour qu’on se dise « Bon sang, comment ça à put devenir aussi médiocre alors que tous les éléments pour en faire un succès étaient là ? ». La réécriture d’aujourd’hui fait partie de cette seconde catégorie.

12856

Ma version. Le plus drôle, on me dit que c’est une édition révisée…

Le Rejeton d’Azathoth, pour l’Appel de Cthulhu… Si je devais en faire une critique sur ce blog, nul doute qu’elle serait assassine, tellement j’ai eu l’impression d’avoir jeté mon argent par les fenêtres quand je l’ai lu. Pourtant, j’adore en général les livres publiés par Sans Détour, mais là… C’est simple, pour moi, telle quel, cette campagne est injouable, incohérente, certains de ses scénarios sont sans aucun intérêts, et je n’ai tout simplement pas compris son final qui m’a l’air de sortir de nulle part. Bon, c’est peut-être parce que je n’ai pas lu le cycle des contrées du rêve de HPL, aussi le propos est peut-être à nuancer. Mais bon voilà, cet ouvrage est pour moi une vraie purge.

Mais voilà, il faut tout de même admettre qu’il y’avait quelques fulgurances dans le matériau d’origine, assez pour me pousser l’étudier d’un peu plus près. Et là, BAM ! L’illumination. En opérant quelques changements, la trame gagne en cohérence, en intensité… De quoi la rendre vraiment palpitante ! Bon, il va juste falloir réécrire la moitié des documents mais à part ça tout baigne… -rire jaune-

D’où cette série d’articles, ou je vais détailler la manière dont j’ai réécris cette campagne pour une de mes tables de jeu. Comme ça, il y’aura au moins une version modifiée potable de ce livre sur le net –il y’en a peut-être déjà d’autres, j’avoue que je n’ai pas cherché-, même si j’encourage chaque meneur disposant du temps libre nécessaire à réaliser sa propre version, qui sera nul doute plus adaptée à son groupe de joueurs que la mienne.

Ce premier articule traitera donc de la base de cette réécriture : la trame principale. Pour éviter toute lourdeur, j’essaierai de faire le moins possible référence à l’ouvrage principal, que je vous engage à vous procurer pour mieux saisir la nature des changements effectués.

 

Le problème de l’intrigue principale

Le principal problème du Rejeton d’Azathoth vient du manque de liants entre la trame principale et les différents scénarios. En outre, si on exclut les scénarios de Ste Augustine –qui ne sert qu’à faire perdre du temps aux PJs en les menant sur une fausse piste- et de la Quête éternelle –ou tout est à jeter-, les liens sont si ténus que je me suis demandé si mes joueurs allaient vraiment les trouver. Et surtout, bon sang, rien n’indique la gravité de la situation, à part une scène du scénario se déroulant à Garrison, que les PJs peuvent très bien rater d’ailleurs.

Pourtant, en y réfléchissant un peu, on peut trouver des liens évidents qui rendront le tout terriblement cohérent, et empêcheront la campagne de ressembler à une suite de situations fâcheuses n’arrivant aux PJs que par la suite de coups du sort.

Pour rappel, la trame originale : Némésis, un corps céleste directement issu du dieu Azathoth, passe souvent près de la Terre, engendrant des catastrophes et en larguant parfois une « graine » sur la planète qui a une faible chance de germer, détruisant son monde adoptif au passage. Eibon, mage de l’hyperborée devenu fou, a créé un être chargé d’empêcher ça, le Père Fantôme. Mais la méthode employée est encore plus néfaste pour les humains que les désastres engendrés par le rejeton d’Azathoth : elle consiste à piéger Némesis et la Terre elle-même dans une stase temporelle éternelle.

Bon dit comme ça, ça parait sympa… Le problème est que sur les 7 scénarios de la campagne, il n’y a que DEUX scénarios qui en parlent vraiment. Les autres, mêmes parmi les plus sympas –Providence et les Îles Andaman-, n’y font que vaguement allusion. Même la présence d’un Grand Ancien, Atlach-Nacha, semble être du pur hasard et ne rien apporter à l’intrigue ! On a plus l’impression d’avoir affaire à de simples scénarios One—shot reliés ensembles paresseusement qu’à en faire une vraie campagne. Le meurtre alambiqué de Philip Baxter –le point de départ du récit- n’a d’ailleurs aucune raison d’être tel qu’il est, à part pour pousser les PJs à enquêter. Et ça, c’est toujours une mauvaise façon de lancer une campagne.

Un « meurtre » bizarre pour aguicher les joueurs, d’accord. Mais il faut que la façon dont il a été perpétré ait une profonde signification pour l’intrigue, pas juste « faire taire celui qui aurait pu en savoir trop ». C’est ce point, ainsi qu’une multitude d’autres que j’ai essayé de corriger avec ma relecture.

 

Ou la trame principale devient consistante :

Je vais ici traiter de plusieurs points, qui lut à la suite formeront l’histoire de la campagne avant que les joueurs ne soient impliqués.

Némesis : Pas de vrais changements  ici, Nemésis est toujours un corps céleste issu d’Azathoth dont le passage près de forme de vies engendre un chaos plus ou moins important. Il ne lâche plus de graines par contre, mais perds des bouts de son être hautement radioactifs. Il n’y’à plus de risques de « germination ».

Eibon et le Père Fantôme : on entre ici dans la partie intéressante. Après avoir pris conscience de la nature de la menace de Némesis, Eibon a cherché un moyen de la contrer en contactant des entités innommables afin d’obtenir des informations. Il n’à réussit qu’à perdre la raison et attirer l’attention d’un Grand Ancien, Atlach Nacha, qui a vu en lui un moyen d’atteindre ses objectifs. Le Dieu Araignée à subtilement manipulé Eibon pour qu’il découvre un moyen d’arrêter Némesis en « préservant l’âge d’or de l’humanité », même si en réalité il s’agit de provoquer la fin des temps sur Terre. Le Père Fantôme, la création d’Eibon, est donc à son insu un agent d’Atlach Nacha sur Terre.

Cela fait donc des millénaires qu’il essaye de stopper la course du rejeton d’Azathoth, mais faute de connaissances suffisantes en astronomie, il arrive toujours trop tard pour réaliser le rituel.

Dans l’espoir de réaliser son unique but, le Père Fantôme s’entoure souvent d’alliés. Plutôt que d’être d’office désigné comme un antagoniste de la campagne, les PJs seront amené à penser  qu’il devrait devenir leur allié. Bien entendu, les choses seront différentes quand ils se rendront compte que les desseins d’Atlach Nacha sont plus funestes que les déprédations de Némesis.

Atlach Nacha et ses agents : Le Dieu Araignée tisse sa toile cyclopéenne pour mener le monde à sa fin, et c’est précisément ce en quoi l’aide le Père Fantôme : les filets spirituels sensés entraver Némesis sont en réalité une version spirituelle de la toile d’Atlach Nacha. Quel intérêt pour le Dieu Araignée de figer la Terre dans le temps ? Nul ne le sait, mais les plus sages se doutent que ce n’est pas une fin en soi, mais une étape d’un plan plus complexe, peut-être incompréhensible par des mortels.

Quant aux agents du Grand Ancien, ils sont de deux sortes : ses loyaux cultistes qui eux connaissent les desseins de leur dieux, et les idiots qui craignent les dévastations que pourrait créer Némesis au point d’adhérer au plan du Tisserand des Ténèbres. Le prêtre Tcho-tcho de la campagne fait évidemment partie de la première catégorie. Tous les agents d’Atlach Nacha cherchent à aider le Père Fantôme, la clé de voûte du plan de leur Dieu/Sauveur.

Philip Baxter et l’académie du Mardi Soir : le club de Philip Baxter est toujours sur les traces d’un mystérieux objet céleste grâces aux documents fournis par Dimitri Passelov, sans avoir aucune idée de sa réelle nature. Et c’est l’intérêt nouveau de Baxter pour l’astronomie qui va lui faire croiser le Père Fantôme, qui cherchait un moyen de déterminer la date exacte du prochain passage de Némesis –et du lieu terrestre qui sera alors le plus proche de l’entité-. Intrigué par l’esprit  singulier et les connaissances pointues du « sauvage d’Eibon », Baxter proposera de l’héberger, chose que le Père Fantôme accepta, espérant que cet inconnu à l’esprit brillant pourrait l’aider dans sa quête.

L’association de ces deux individus eux des conséquences inattendues pour chacun d’eux : le Père Fantôme fut assez vite persuadé que Dimitri Passelov, un membre de l’académie du Mardi Soir, lui permettrait d’obtenir les informations qui lui manquaient cruellement.

Du côté de Baxter, les connaissances que le Père fantôme partagea avec lui le poussèrent à arpenter les contrées oniriques en profondeur, en quête de réponses. Il y croisa le prêtre Tcho-Tcho sous l’apparence d’un nain à la peau sombre, qui pensait pouvoir faire de l’universitaire un serviteur du Dieu Araignée… Mais il s’avéra que Philip résistait à ses manœuvres d’endoctrinement. Pourtant le prêtre d’Atlach Nacha fut persuadé que Baxter était la dernière pièce du puzzle : versé dans les connaissances du Mythe et apprenant à une vitesse folle les principes d’astronomie les plus compliqués, Baxter pouvait réaliser ce que personne avant lui n’avait réussi : localiser avec précision la date et le lieu où le Père Fantôme devra lancer son rituel.

Selon le prêtre Tcho-Tcho, tout ce qu’il fallait à Baxter pour réussir, c’était du temps, du temps qu’il aurait eu en restant dans les contrées oniriques, ce que Baxter refusait de faire, d’autant plus que le professeur commençait à se douter des véritables conséquences des actions du Père Fantôme. Le serviteur d’Atlach Nacha mit alors au point un plan complexe pour plonger Baxter dans le coma, pour qu’il puisse se consacrer bon grès-mal grès à cette tâche importante. Comme dans la campagne officielle, il se servit de Cynthia Baxter pour cela, mais la tentative de cannibalisme de Silas Patterson sur le « cadavre » de Baxter a réduit ses objectifs à néant : suite aux agissements de Patterson, l’âme de Baxter dans les contrées onirique n’est plus que l’ombre d’elle-même, et l’un des associés du prêtre Tcho-Tcho tente désespérément de la « réparer » pour que Baxter finisse contraint et forcé son travail.

Bientôt, la suite…

Voilà donc les changements que j’apporte à la trame principale. A vrai dire, comme aucun véritable liens n’est évoqué dans le livre de la campagne entre les Tcho-Tchos et Azathoth-le-fils, je suis sidéré que personne lors de la conception -ou lors de la révision- de la campagne n’ait fait le lien entre les buts d’Atlach Nacha et les actions du Père Fantôme. Ça coule tellement de source ! Peut-être que l’auteur y a pensé sans l’expliciter, ce qui est tout même une faute énorme à mon sens. Bref, je ne serais pas étonné que quelqu’un d’autre ait déjà changé cette histoire d’une manière similaire avant moi. Tout s’imbrique tellement bien de cette façon…

Quant à la suite… Les prochains articles de « Réécriture » concerneront les scénarios  de la campagne. On va enfin entrer dans le détail, ce que tout bon MJ attendait !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s