Cette semaine j’ai reçu… Tiny

Les crowdfundings, les financements participatifs, les foulancements… Voilà bien une mode qui semble perdurer dans les paysages ludiques et rôlistiques non seulement français, mais aussi mondiaux. Il y a des mastodontes qui rassemblent des centaines de milliers d’euros ou de dollars, et aussi des projets bien plus modestes. Tiny fait partie de ces derniers, ayant rassemblé la coquette somme de près de 29 000 euros lors du financement ulule réalisé par son éditeur, JDR éditions.

Financés en juillet 2017, le jeu et la petite gamme de suppléments viennent d’être livrés aux souscripteurs après quelques petits mois de retard. Retard en lui-même un brin désagréable, mais qui est resté des plus correct, comparés à ceux accumulés par d’autres projets… Voyons voir ce que ça donne ! Serrez fort votre doudou en peluche, et poursuivez cette lecture…

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Alors, de quoi ça parle ?

Tiny, c’est un peu le rejeton issu d’une nuit de débauche lors d’une partie à trois entre « Toy Story », « Monstres et cie » et « Rêves de Dragon ». Voilà une très bonne définition du jeu, je vous assure. Point barre. Bon, bon, d’accord, je vous entend me susurrer à l’oreille « voilà qui est un peu court, jeune homme. », alors on va détailler un peu tout ça… Mais c’est bien parce c’est vous, hein !

Tiny vous fait incarner des jouets ou des animaux de compagnie dit « éveillés », conscients et animés pour les uns, et plus intelligents pour les autres. Tous possèdent également une capacité qui leur sera des plus utiles : celle de se projeter dans les rêves des enfants de moins de 10 ans, qui sont donc leurs propriétaires.

Utile, pourquoi donc ? Mais parce que ces enfants ne sont pas aussi en sécurité qu’on l’imagine… Des entités malfaisantes appelées akymérides s’invitent fréquemment dans les rêves des jeunes humains pour les transformer en cauchemar, car réveiller en sursaut un enfant est le seul moyen pour ces créatures de pouvoir s’incarner dans la réalité. Là, elles devront encore tuer l’enfant qu’elles ont réveillé afin d’être libre de se rendre ou bon leur chante…

Mais face à cette menace, les jouets éveillés, qui aiment les humains et tout particulièrement leur propriétaire, peuvent intervenir dans les songes et saper toutes les tentatives de l’akyméride de les changer en cauchemar. Et si ils échouent, ils incarnent alors la dernière ligne de défense entre l’enfant et le monstre de cauchemar qui s’est incarné dans la réalité… S’ensuit alors une guerre secrète -les jouets comme les akymérides font tous pour qu’adultes comme enfants ne découvrent pas leur existence- qui ne s’achèvera que par la destruction de l’akyméride, ou le décès de l’enfant…

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En voilà un qui passe pour un petit joueur face aux akymérides…

Avec un pitch pareil, vous comprenez qu’une fois de plus, nous avons là un jeu qui pourra être joué avec une grande variété de tons, et donc pouvant convenir à des publics très différents, aussi bien enfantins qu’adultes. Le jeu propose d’ailleurs une section de conseils pour les MJs qui voudraient animer des tables de jeunes enfants, ce qui est très appréciable.

Le système de jeu, ça donne quoi ?

Basé sur le système de jeu SVS déjà utilisé pour le jeu Friday Night’s Zombi du même éditeur, un système plutôt bien pensé ou les PA (points d’action) servent à la fois de PVs, de réserve de points permettant d’activer les pouvoirs et influent sur la difficulté des jets de dés à effectuer.

En outre, si un personnage dispose de tout ses PA, il est en pleine forme et peut facilement accomplir la plupart des actions… Mais plus il perds, plus il fatigue, et plus la difficulté des actions, même les plus basiques, augmente. C’est un système à la fois simple et élégant, qui permet d’instaurer une certaine tension, les personnages ayant tout intérêt à économiser leurs PA, pour ne pas risquer d’échouer lors de tests devenus soudainement trop durs…

La difficulté des tâches est simulée par le choix d’un dés à lancer différent selon la difficulté de la tâche à accomplir, ou le résultat ne devra pas dépasser le niveau d’action (NA) additionné au score de la caractéristique considérée et à un éventuel score de compétence. Si une action courante demande l’utilisation d’un D6, une autre un peu plus dure demandera un D8, et ainsi de suite jusqu’au D20.

La création de personnages en elle-même est plutôt simple : pas de classes, juste des achats à faire avec des PC (points de créations) qui permettront d’acquérir points de caractéristiques compétences et pouvoirs. Des défauts pourront être choisis, accordant alors plus de points de créations aux personnages.

L’inspiration de Toy Story se fait clairement sentir lors de cette étape, car nombres de  pouvoirs permettent de recréer des personnages issus des films : multiplicité, par exemple, sera parfait pour recréer les soldats de plastique vert. Même choses pour les défauts, Prima Donna faisant par exemple immédiatement penser à Buzz l’éclair…

Et pour le MJ, alors ?

Les sections qui lui sont réservés traitent de la façons dont concevoir les rêves des enfants, des akymérides, d’une section de conseils ainsi qu’un cadre de campagne et de deux scénarios.

Globalement, la partie concernant les rêves et et celle donnant des conseils sont très utiles et permettent de mieux cerner comment organiser la partie. Celle sur les adversaires des PJs est intéressante, quoique très -trop ?- succincte concernant la nature même des akymérides, qui restent des créatures au final assez floues, aux nombreuses capacités. En lisant ce livre de base, on pourrait d’ailleurs croire que incapacité à les définir correctement est leur caractéristiques principale… Sauf que l’éditeur annonce un bestiaire traitant des différents types d’akymérides. A partir de là, j’aurais tendance à dire que le livre de base reste bien trop vague sur ces créatures…

Le cadre de campagne décrit un enfant dont les PJs pourront avoir la charge. Il est très intéressant, quoiqu’un un  peu trop consensuel sans doute, mais reste un exemple solide sur lequel les MJs pourront s’appuyer pour créer les leurs.

Les deux scénarios du livre de base sont succincts, ils demanderont au MJ une bonne capacité à improviser à ou à les travailler avant de les faire jouer. Toutefois, ils dégagent tous deux un charme indéniable, et méritent qu’on s’y attarde.

En conclusion, je dois reconnaitre que si certains sujets sont bien trop rapidement survolés, la partie MJ fait son job et remplit son contrat. Même doublement dans mon cas, car elle m’a inspirée de nombreuses idées pour de futures parties. Toutefois, la section sur les akymérides est vraiment trop courtes, et sans le reste de la gamme, je crois bien que j’aurais eu du mal à cerner l’intention des auteurs concernant ces entités pernicieuse…

De plus, à mon goût, le livre se concentre un petit peu trop sur la partie onirique des parties. J’aurais bien aimé plus de détails, d’inspirations sur la vie que mène les jouets en plein jour, lorsque leur maître est à l’école ou autre… Mais ce n’est qu’un avis purement subjectif.

Et le reste de la gamme ?

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Photo de famille

Il se compose actuellement de trois suppléments dont deux qui ont été offerts aux contributeurs de la campagne Ulule : tous trois sont consacrés à des aventures supplémentaire.

1, 2, 3, nous irons aux bois ! Propose une mini-campagne de trois scénarios aux ambiances assez diverses et agréables, avec de nombreuses aides de jeu, notamment des plans. Je l’ai trouvé très intéressant, même si le rôle des jouets en journée est complétement occultée -à part la traditionnelle chasse à l’akyméride si les PJs échouent à l’éliminer dans le rêve-.

L’ombre des collines propose un long scénario ou les PJs sont envoyés en mission loin de l’enfant qu’ils protègent habituellement. Là, enfin, une grosse partie du scénario se passe dans le monde réel, et c’est un vrai délice. La partie rêve n’est pas en reste, offrant une délicieuse ambiance de film d’horreur de la Hammer des années 50.

Nuit d’orage est un peut-être un joli cadeau offert aux backers, mais il s’agit du seul supplément dont je ne recommande pas l’achat, pas au prix indiqué en tout cas. Pas que le cadre de campagne et le scénario qui s’y trouvent soient mauvais, loin de là, mais il n’y’à clairement pas assez de contenu pour le prix indiqué.

Notons aussi la présence d’un écran soumettant une très belle fresque aux yeux  des joueurs, et très utile au niveau des tables du côté MJ. Le seul défaut de cet écran est sa fragilité, il vous faudra en prendre grand soin pour ne pas l’abîmer.

Voilà qui fait le tour de la gamme de la gamme actuelle, sachant que deux ouvrages ont été annoncé : un recueil de PJs/PNJs, et un bestiaire.

Alors, verdict ?

Motorisé par un système simple et fluide, Tiny est un jeu qui stimule notre imagination grâce à son cadre frais pouvant être interprété de façon aussi enfantine qu’adulte. Le jeu en lui même vaut le coup, même si on aurait préféré payer un petit peu plus cher et avoir plus de contenu dans le livre de base. mais que cela ne vous empêche pas de partir à la chasse à l’akyméride !

 

Crédits images : Pixar, JDR Editions

4 réflexions sur “Cette semaine j’ai reçu… Tiny

  1. Groumphillator HSF

    Un jeu très rapidement écrit, très rapidement lu, qui aurait mérité plus de développement et au prix tout bonnement honteux pour un A5 si peu rempli et des suppléments sans aucun intérêt !
    Voila une campagne qui m’a dégoûte du crowdfunding.

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    1. Je peux comprendre la déception, et c’est vrai que moi-même, j’ai trouvé le livre de base un peu aride en contenu pour le coup… Toutefois, nous vivons à une époque ou le moindre supplément de 64 pages vaut 25 euros, alors il faut tout de même relativiser…
      Après, je suis peut-être un peu bon public avec ce jeu, car il m’à inspiré. J’ai des idées pour faire jouer trois grosses campagnes. Pour d’autres jeux qui ont meilleur presse -et que je ne citerai pas^^-, j’ai eu plus l’impression de me faire entuber tellement je les trouvais inexploitable.

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  2. Ogareff

    j’avoue également ma grosse déception à la réception de Tiny, le livre de base n’est vraiment pas à la hauteur. Le sujet annoncé est à peine traité, le format n’est pas approprié, et pour comble une immense sensation de vide se dégage du format A5. je fondais énormément d’attente sur cette gamme qui paraissait si séduisante et originale lors du participatif que je l’avais déjà « vendue » à mes enfants, j’attends toujours la parution du coffre à jouets, avec l’intégration d’un doudou en PNJ pour lequel ma petite fille s’est franchement défoncée, elle ! mais honnêtement bof.

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  3. Ping : Projet secret N°1 : « Une Vie de Jouet » pour Tiny – Averse de dés prévue dans la soirée

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